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Corps, identité, culture

  • Niveau d'étude

    Bac +4

  • Composante

    Lettres et langues

  • Période de l'année

    Semestre 7

Description

Genre, sexualité, ethnicité, classe sociale, handicap. Ce séminaire abordera les questions de domination et de minorisation sociale telles qu’elles se posent ou se manifestent dans le domaine de la culture

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Objectifs

Enseignante : Anne Debrosse

Il s’agit dans ce séminaire d’explorer le corps selon un questionnement sur ses représentations à travers les âges et à travers différents supports (arts visuels, textes, matériel archéologique) autour de la question suivante : qu’est-ce qui est réputé être un beau corps ? La réponse, nous le verrons, n’est ni univoque ni simple.

Les arts visuels et les textes anciens représentent à l'envi des corps de dieux et de déesses, de héros et d'héroïnes, idéalisés, magnifiés – exagérés, hypertrophiés, en tout cas standardisés. L'art occidental en est encore tout imprégné, après des siècles de copies et d'adaptations (la copie de l’antique est la norme dans les académies de beaux-arts jusque dans les années 1970), et les ultimes avatars en sont sans doute les corps bodybuildés et sculptés, (trop) souvent blancs et lisses, des acteurs et actrices américains.

Ces représentations reposent sur deux questions : celle, d'abord, de ce qui fait la beauté d'un corps. À l'époque de Photoshop, des filtres Instagram, des influenceurs et influenceuses, de la chirurgie esthétique, mais aussi du body positive et des décisions politiques qui imposent la mention indiquant qu'une photographie a été retouchée, la question n'est pas neutre, et est sans doute encore plus actuelle qu'il y a 50 ans. La question du beau corps recoupe forcément le thème de la sexualité et de la désirabilité du corps – qui n’a pas besoin d’être beau pour être séduisant. Il s’agira dans ce cade d’explorer quelques représentations aussi bien hétérosexuelles qu’allosexuelles, dans l’idée que les LGBTQIA+ ont pu proposer des esthétiques alternatives du corps, depuis plus longtemps qu’on ne pourrait le croire.

Celle, ensuite, de l'exemplarité de l'art. L’image que nous nous faisons de nous-mêmes a-t-elle toujours été façonnées par les modèles artistiques ou normatifs ? Doit-on vraiment viser à ressembler à la Vénus de Milo ou à Angelina Jolie, à l'Hercule Farnèse ou à Chris Hermsworth ou sont-ce clairement des fictions artistiques ? Par ailleurs, quelle est la place des corps handicapés et hors-normes dans l’art (voir la statue monumentale de Marc Quinn, Alison Lapper pregnant, exposée à Trafalgar Square) et qu’est-ce que cela nous fait ?

Ces deux questions sont à explorer sous un prisme esthétique et philosophique (le beau ayant été très tôt associé au bon), mais aussi politique et social. Les études sur la sexualité et le féminisme de la deuxième vague ont en effet mis en avant la dimension hautement politique de l’intime et du corps, projetée aujourd’hui au centre des attentions dans le sillage de #metoo ou #balancetonporc. Le corps est un lieu de l’exercice du pouvoir depuis sans doute les débuts de l’humanité. C’est aussi le lieu de notre humanité : la société humaine a été définie comme telle à partir du moment où nos ancêtres ont pris soin des plus faibles. Ce qui fait la beauté d’un corps pose in fine la question des modèles de société qui apparaissent à travers les vestiges et à travers les arts, entre adhésion et contestations. L’art et la littérature proposent tout simplement une interrogation sur ce que signifie être humain à travers l’exploration de la normativité des corps dans le cadre d’une société organisée.

 

Bibliographie :

 

N.B. : ces livres sont à consulter, pas forcément à lire in extenso. Ce sont des ouvrages fondamentaux sur l’histoire de la question du corps et du genre, qu’il est bon de connaître et d’avoir consulté (gender).

 

Simone de Beauvoir, Le Deuxième Sexe, 1949 (beaucoup d’éditions disponibles).

Alain Corbin, Jean-Jacques Courtine et Georges Vigarello (dir.), Histoire de la virilité, Paris, Seuil, 2011.

Alain Corbin, Jean-Jacques Courtine et Georges Vigarello (dir.),, Histoire du corps, Paris, éditions du Seuil, coll. « Points Histoire », 2011.

Valérie Delattre, Handicap : quand l’archéologie nous éclaire, éditions du Pommier-Universciences, 2018.

Georges Duby et Michèle Perrot (dir.), Histoire des femmes, 1992.

Umberto Eco, Histoire de la beauté, Flammarion, 2008, et Histoire de la laideur (2007).

Travaux de Michel Foucault sur la sexualité.

Charles Gardou (dir.), les 3 vols des Variations anthropologiques (sur le handicap), années 2010, 2015 et 2017.

Jacky Pigeaud, Ni l’un ni l’autre. L’Androgyne ou l’hermaphrodite, Paris, Éditions Payot & Rivages, 2014.

Thomas Schlesser, L’art face à la censure, Paris, Beaux-Arts éditions, 2011.

Vigarello, Georges : Histoire de la beauté : Le corps et l'art d'embellir de la Renaissance à nos jours, Paris, éditions du Seuil, coll. « Histoire de la France politique », 2004.

Monique Wittig, Corps lesbien, Paris, Éditions de Minuit, 1973 et La Pensée straight, Balland, 2001.

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Heures d'enseignement

  • Corps, identité, culture CMCM14h