Introduction à la littérature comparée

Présentation

Le CM : Ce cours introduit en cours magistral les fondements théoriques et méthodologiques de la littérature comparée (comparaisons internationales et historiques, intermédialité, interdisciplinarité) puis propose un approfondissement en TD à partir d’une problématique précise.

 

Le TD

TD 1 : Enseignante : Raphaëlle Guidée

En s’appuyant sur des extraits de textes littéraires, historiographiques et théoriques, mais aussi sur des extraits de films et des représentations picturales, on proposera un panorama des différentes problématiques contemporaines de la représentation de l’histoire. On interrogera la diversité des formes et des contenus possibles du récit historique, en mettant l’accent sur les problèmes d’ordre à la fois éthique et esthétique que pose le recours à la fiction dans l’écriture de l’histoire. On essaiera également de comprendre de façon critique l’importance actuelle de certaines thématiques culturelles (comme le devoir de mémoire) et de certaines formes du récit historique (par exemple le récit généalogique ou le témoignage).

Corpus : livret de textes distribué au début du semestre

 

 

TD2. Enseignante :  Anne Debrosse

Saisir l'impalpable : perceptions sensorielles et extra-sensorielles en art et en littérature

Groupement d’œuvres et de textes.
Ce cours aura pour objet d'interroger la place du sensoriel en art et en littérature, sous trois angles.

Tout d'abord, en questionnant la forme – sa pérennité, sa force, sa nécessité – et l'informe. Ainsi, la littérature et l'art baroques jouent beaucoup sur le cadre et sur l'éclatement du cadre, sur la rigueur d'une forme puis sa déclinaison en formes molles ou en amas informes. Ceci touche au plus profond de l'essence des choses : Descartes, dans les Méditations métaphysiques, s'interroge sur l'identité du morceau de cire, qui change de forme (texture, taille....) selon les changements de température. Seul l'entendement peut comprendre l'identité du morceau de cire, alors que les sens sont abusés par le polymorphisme de la matière. Qu'entraîne le refus de la forme ? Peut-être l'écriture automatique et le dessin automatique (Christopher Dresser)... L'art abstrait, n'est-ce pas cet « art de formes qui ne signifient rien, ne représentent rien et ne rappellent rien, mais qui agissent sur notre âme et l'émeuvent comme seule la musique pouvait le faire auparavant » (August Endell, 1896) ?

Ensuite, en questionnant ce que nous percevons et la façon dont nous le percevons. Nous ne percevons pas le monde de la même façon selon notre culture. Ainsi, dans l'Antiquité, les couleurs sont définies par leur degré de brillance avant de l'être par leur teinte. Notre perception du monde est-elle plutôt interne ou externe ? Voit-on les choses parce que nous les connaissons, ce qui nous amène à les rechercher, ou parce qu'elles sont sous nos yeux ? Y a-t-il des sens plus nobles ou plus fiables que d'autres (pour Aristote, la réponse est positive) ?

Enfin, en questionnant les expériences sensorielles de l'extrême, adjointes souvent au goût pour la déformation des perceptions, à la création à partir de perceptions déformées, d'expérience particulières : ceci vaut pour les mystiques (Thérèse d'Avila, Victor Hugo et les théosophes), les fous, les voyants, tandis que d'autres peuvent avoir recours à l'usage de stupéfiants, ou tout simplement se laisser toucher par la grâce de l'instant (ainsi, Kandinsky est frappé par un de ses tableaux en fin de journée, au point qu'il ne le reconnaît pas ; certains sont sensibles aux mirages...), ou les déformations dues aux dysfonctionnements des sens (Jean-Jacques Rousseau et Claude Monet évoquent leur myopie et de ce que cela peut produire, Beethoven a été victime d'une surdité précoce...).

 

 

TD 3. Enseignant : Julien Campagna

Introduction à la littérature comparée : Monstres et fantômes : roman gothique et roman fantastique en Europe de la seconde moitié du XVIIIème siècle à la fin du XIXème

            Dans la seconde moitié du XVIIIème siècle naît en Angleterre le roman gothique, inspiré des légendes folkloriques médiévales et des traditions poétiques de l’époque, et vive réaction contre le rationalisme des Lumières : il manifeste, en plein essor ailleurs en Europe du romantisme, le même désir de retrouver l’intensité et l’émotion de la passion, fût-elle funeste et dangereuse. Cette passion passe en effet par un renouement avec la peur et l’inconnu, d’où la renaissance du monstre : de Frankenstein à Dracula, du fantôme à la sorcière, ce sont 150 ans marqués par la résurgence de cette figure emblématique qui aujourd’hui encore marque profondément l’imaginaire collectif et la production littéraire comme cinématographique.

            Avec ce cours, nous nous proposons de reconstituer une histoire du monstre à travers ses évolutions entre 1764 (date de parution du Château d’Otrante de Horace Walpole) et 1898 (date de parution du Tour d’Ecrou de Henry James), pour essayer de déterminer comment il se voit remodelé, remotivé et influencé par des redéfinitions génériques (du premier roman gothique à la naissance du fantastique), des formes narratives diverses (ses déclinaisons en nouvelles, romans, contes ou poèmes), des genres culturellement particuliers (le réalisme français, le roman de mœurs anglais, le romantisme allemand ont chacun coloré la production gothique et fantastique locale), et bien sûr des bouleversements historiques (époque victorienne, Révolution Industrielle, instabilités politiques en France) et théoriques (orientalisme, psychanalyse, fascination pour la mort) causant une mutation définitionnelle du monstre au fil du siècle.

            Ce voyage sera ainsi l’occasion de nous initier à l’exercice du commentaire comparé (mode d’évaluation partielle et finale du cours), à raison d’un corpus de deux textes toutes les deux semaines qui varieront au choix génériquement, chronologiquement ou géographiquement, afin de mieux apprendre à adopter pour l’étude de textes une démarche comparatiste éclairée et méthodique appliquée à l’exercice du commentaire.

Lectures recommandées :

  • Ann Radcliffe, Les Mystères d’Udolphe (1794), Gallimard, Folio Classique, 2001.
  • Mary Shelley, Frankenstein (1818), Gallimard, Folio SF, 2015.
  • Edgar Allan Poe, Nouvelles Histoires Extraordinaires (1857-parution française), Livre de Poche, coll.Classiques, 2014.
  • Henry James, Le Tour D’Ecrou (1898), Livre de Poche, coll.Classiques, 2014.
  • Tzvetan Todorov, Introduction à la Littérature Fantastique (1970), Points, coll.Essais, 2015.
  • Guy de Maupassant, « Le Fantastique », article paru dans le journal Le Gaulois, 1883.

Volume horaire

TD18
CM6

Composante

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